De Nice à Marseille Journal de Bord
Mardi 16 Avril
09h55 : Le pilote embarque par la mer, le pavillon Hôtel est envoyé et le Second Capitaine débute la manœuvre d’appareillage en donnant l’ordre de dédoubler partout. Nous sommes tribord à quai dans le port de Nice, une grue est travers du gaillard d’avant, nous devons culer une dizaine de mètres pour être clair de cette dernière. Les conditions sont calmes, la manœuvre se déroule en douceur, une garde est capelée, nous faisons avant dessus, le cul s’écarte. Cap au Sud !
Mercredi 17 Avril
08h00 Poste de propreté : on brosse le pont, on lave les sabords, on frotte les cuivres…
09h00 Nous commençons à carguer les voiles, démarrons les moteurs et mettons Cap à l’Ouest le long de la côte.
15h45 : Mouillé ancre tribord 3 maillons à l’eau par 20m de fond dans la rade de Saint-Tropez. Le semi-rigide est mis à l’eau et des navettes sont organisées entre le navire et la terre.
Jeudi 18 Avril
08h27 : Commencé à virer. Le Commandant vous offre une manœuvre rare : un appareillage à la voile. Vous brassez le phare de misaine et le grand phare à contre, pour faire porter les vents. Nous passerons la nuit au mouillage dans le Golfe de Giens.
Vendredi 19 Avril
05h45 : Nous relevons l’ancre. Les vents d’E 7Bf (28-33 nœuds) nous propulsent à 7 nœuds avec seulement petit et grand huniers fixes dehors. Nous sommes en avance sur l’ETA, nous modifions le brasseyage et le cap pour diminuer la vitesse.
15H40 : Un beau voyage prend fin en échangeant une poignée de main, une bise, ou encore des coordonnées avec l’équipage
L’ÉQUIPAGE
Le Belem navigue grâce à un équipage mixte
composé de 16 marins professionnels issus de la marine marchande. Ce sont des civils formés à la navigation de commerce. La conduite du Trois-mâts Belem est confiée à un équipage de marins professionnels et expérimentés. L’équipage remplit plusieurs missions .
- Assurer la conduite, la sécurité du navire et des stagiaires dans le cadre des normes internatio nales en vigueur.
- Mettre en œuvre et développer une pédagogie spécifique basée sur la participation des stagiaires,
- Effectuer de façon quotidienne le suivi de l’en tretien du navire en période de navigation,
- Participer à la rénovation du trois-mâts lors des arrêts techniques au cours de l’hivernage.
Composition de L’équipage
L’effectif comprend cinq officiers et onze membres d’équipage appartenant tous à la Marine Marchande. Huit d’entre eux sont titularisés à la Fondation Belem. Les autres, titulaires ou remplaçants, sont mis à la disposition de la Fondation par la Compagnie Maritime Nantaise.
Les métiers du Belem
Le Belem est un navire qui n’a pas son semblable aujourd’hui dans l’ensemble de la marine française ; ses 16 membres d’équipage n’exercent donc pas leurs métiers à bord tout à fait comme ailleurs, même si les règles de la Marine Marchande s’y appliquent dans l’ensemble. En découvrant l’histoire et la spécificité de chaque métier à travers celui qui l’exerce, c’est le Belem lui-même qu’on apprend à mieux connaître.
Le commandant
Capitaine de navire marchand il est, à ce titre, une personne aux multiples « casquettes » : de la conduite du navire dans le strict respect des lois, des us et des coutumes, jusqu’à l’enseignement théorique et la formation générale maritime des stagiaires. Depuis le 8 avril 2003, le capitaine Jean-Pierre Boin est commandant titulaire en remplacement du commandant Marc Cornil, qui était en poste depuis le 1er juillet 1990.
Le second capitaine
Aux côtés du commandant, le second capitaine est chef du service Pont. Il assume des responsabilités qui vont de la sécurité des stagiaires et de l’équipage à celle du navire et son entretien en passant par les démarches administratives, la discipline, l’hygiène, l’approvisionnement. Il répond du fonctionnement efficace, harmonieux et rigoureux de la vie sur le Belem…
Le chef mécanicien
L’officier mécanicien occupe, en tant que chef du service machine et conseiller technique du commandant, le deuxième rang dans la hiérarchie du bord après le commandant. Il est l’équivalent du second capitaine.
La salle des machines est indiscutablement un des éléments du Belem qui permettent au voilier d’être en prise avec le monde contemporain.
Un entrepont abrite un atelier de travail dont l’installation et l’outillage répondent à la vocation « touche à tout » du mécanicien, puisque rien de ce qui est mécanique, hydraulique, électricité, plomberie ne doit lui être étranger…
Ailleurs, en fond de cale, les conteneurs ou « caisses » de gazole donnent au trois-mâts une autonomie de 4000 miles à une vitesse moteur de 7 nœuds.
Les lieutenants
À la mer, ils assurent le quart avec le second capitaine. Au nombre de deux, ils se partagent des tâches pratiques et administratives. Le « premier lieutenant » est communément appelé « lieutenant navigation ». Il est tout particulièrement chargé de la tenue à jour de la nombreuse documentation nautique du navire (cartes, instructions nautiques, livres des feux…).
Le « second lieutenant » porte le titre de « lieutenant administratif ». Il aide le second capitaine dans le suivi administratif des membres de l’équipage, mais il est aussi « pharmacien » et gestionnaire-comptable de la « boutique ».
Un maître d’équipage : le bosco
Maître d’équipage est son titre officiel, mais pour tous, sur terre comme sur mer, il est le « bosco ». Ni officier ni matelot…
Il est le lien, le relais entre les hommes d’équipage et le commandement, travaillant en tandem avec le second capitaine. Mais de toutes ses responsabilités, ce travail de liaison pourtant primordial est sans doute le moins visible : ce qui fait la réputation du bosco, c’est l’état d’entretien de son navire, c’est aussi l’efficacité, la discipline, la bonne entente de son équipage.
Durant ses congés, son intérim est assuré par le « maître charpentier ».
Huit gabiers instructeurs
Le gabier : matelot préposé à la voile et à la manoeuvre. Ce qu’on voit le plus souvent d’un gabier du Belem, c’est la semelle de ses bottes… Le métier requiert donc, un sens de l’équilibre au physique, comme au mental car les gabiers ont, comme les autres membres d’équipage, une mission d’encadrement et de conseil auprès de centaines de stagiaires.
Non seulement sont-ils des marins aguerris, mais le travail à bord du Belem exige de leur part des capacités relationnelles et pédagogiques indispensables.
Deux cuisiniers
Ils s’affairent du matin au soir entre la « cambuse » et la « mayence » (cuisine) à mitonner les 130 repas des stagiaires et de l’équipage.
Le Belem, grand témoin de l’histoire de la marine à voile et joyau du patrimoine maritime français, mériterait tout aussi bien de figurer dans les guides des bonnes tables pour la qualité de la cuisine servie à bord…